5 Oct 2026 | A la Une, La santé avec les acteurs communaux, La santé avec les professionnels, La santé pour tous, Non classé

Comme chaque année, le dépistage du cancer du sein revient sur le devant de la scène à l’occasion de la campagne Octobre rose. La lutte contre le cancer du sein est une priorité majeure de santé publique. Si le Mammotest permet aux femmes de 50 à 69 ans de bénéficier d’un dépistage gratuit, les taux de participation locaux montrent que de trop nombreuses citoyennes échappent encore à ce dispositif protecteur.
Le cancer du sein se guérit dans la grande majorité des cas, à condition d’être détecté tôt. En Hainaut, seules un peu plus de la moitié des femmes âgées de 50 à 69 ans (51,5 %) réalisent un dépistage du cancer du sein. Pourtant, en Belgique, un dépistage gratuit est proposé tous les deux ans aux femmes entre 50 et 69, conformément aux recommandations européennes. Le Mammotest est une radiographie des seins (mammographie) pour laquelle les femmes reçoivent une lettre d’invitation qui équivaut à une prescription.
Un cancer qui augmente avec l’âge
En Hainaut, la taux standardisé d’incidence du cancer du sein chez la femme est de 193,4 cas par 100 000 personnes-années. Ce taux est très proche du taux wallon (192,8 cas/100 000) et légèrement supérieur au taux belge (188,4 cas/100 000).
Le taux standardisé d’incidence du cancer se mesure en nombre de nouveaux cas de cancer par 100 000 personnes-années. C’est un outil théorique qui permet de comparer des populations entre elles. En effet, le nombre de nouveaux cas de cancers dans une population donnée est très influencé par la structure d’âge de cette population et empêche toute comparaison pertinente entre deux populations. La standardisation, qui utilise une population de référence, permet la comparaison entre deux populations.

On constate une augmentation des cas de cancer avec l’âge avec un pic des nouveaux cas recensés vers 75 à 79 ans. Les premiers cas de cancers du sein sont recensés entre 25 et 29 ans. L’évolution par âge suit la même tendance, quel que soit le niveau géographique étudié.
Le cancer du sein concerne également les hommes, dans des proportions beaucoup plus faibles. En 2023 en Belgique, 11 636 nouveaux cas de cancers du sein ont été recensés, dont 103 chez des hommes.
Une mortalité qui diminue au fil du temps

Source : Sciensano – SPMA
Traitement : Observatoire de la santé du Hainaut
Le taux -ajusté pour l’âge- de mortalité par cancer du sein diminue au fil du temps. En Hainaut, il a diminué de 28,2 % en 20 ans (entre 2012 et 2022). (-26,1 % en Wallonie et -31,8% en Belgique). Cette diminution reflète les progrès des traitements, en particulier dans le cas de prises en charge précoces de la maladie.
Encore trop peu de dépistage
Proportion (%) de femmes (50-69 ans) ayant eu un dépistage du cancer du sein, Belgique- Wallonie-Hainaut, 2023

En Hainaut, un peu plus de la moitié des femmes âgées de 50 à 69 ans (51,5 %) réalisent un dépistage du cancer du sein. Le taux de couverture total du dépistage y est comparable à celui de la Wallonie (51,3 %) mais inférieur au taux national (59,2 %).
Une proportion bien plus importante réalise le dépistage par mammographie diagnostique plutôt que dans le cadre du dépistage organisé (Mammotest) (49,8 % contre 3,8 %).

La part des femmes de 50 à 69 ans qui réalisent un dépistage (que ce soit le Mammotest ou une mammographie diagnostique) qui était en diminution progressive depuis plusieurs années (- 7 % en Hainaut entre 2009 et 2019), a chuté en 2020 et 2021 en raison de la pandémie. Cette proportion remonte depuis 2022 mais n’a pas retrouvé le niveau d’avant crise.
https://hainautstat.be/#c=indicator&i=sa_mammo.sa_mammo_progr&s=2023
Des disparités entre les provinces
Pourcentage de femmes de 50-69 ans ayant eu un mammotest (avec ou sans mammographie diagnostique) dans l’année ou l’année précédente

Source : Agence Intermutualiste (AIM), traitement OSH
Examen par mammographie
Pourcentage de femmes de 50-69 ans ayant eu, au moins, une mammographie diagnostique et/ou un mammotest dans l’année ou l’année précédente
Source : Agence Intermutualiste (AIM), traitement OSH
L’analyse des mammographies diagnostiques et de la participation au dépistage organisé du cancer du sein en Wallonie entre 2020 et 2023 met en évidence des disparités provinciales importantes.
Le Brabant wallon présente les taux de couverture les plus élevés, passant de 55 % en 2020 à 59 % en 2023. À l’inverse, la province de Luxembourg affiche les taux les plus faibles de mammographies diagnostiques, avec une couverture relativement stable autour de 42 à 43 %. Toutefois, cette province se distingue par une participation plus importante au programme de dépistage organisé (Mammotest) que les autres provinces wallonnes, ce qui traduit un recours davantage orienté vers le dépistage structuré plutôt que vers les examens diagnostiques réalisés en dehors du programme organisé.
Les provinces de Namur, Liège et du Hainaut occupent une position intermédiaire, avec des taux de couverture globale compris entre 50 % et 52 % en 2023.
Recommandations en termes de dépistage
Le dépistage systématique du cancer du sein est recommandé entre 50 et 69 ans. C’est dans cette tranche d’âge que le dépistage est le plus efficace en termes de réduction de mortalité.
Entre 40 et 49 ans, l’incidence du cancer du sein commence à augmenter, mais l’efficacité du dépistage systématique est moindre et ses avantages et ses inconvénients doivent faire l’objet d’une discussion entre le médecin et la patiente. A partir de 70 ans, l’intérêt du dépistage va dépendre de l’état de santé général de la patiente et de son espérance de vie.
Retrouvez toutes les info pratiques sur le dépistage sur le site du Centre de Coordination et de Référence pour le dépistage des cancers (CCRef) :
https://www.ccref.org/particulier/sein.php
https://www.ccref.org/particulier/unites.php
30 Sep 2026 | A la Une, La santé avec les acteurs communaux, La santé avec les professionnels
CONFERENCE DEBAT – 12 octobre 2026 – Mons
À l’occasion de la campagne internationale Octobre Rose, la Province de Hainaut se mobilise pour rappeler une priorité de santé publique majeure : la lutte contre le cancer du sein. Nous vous proposons une conférence-débat sur le thème « Mobilisation hainuyère pour le dépistage organisé du cancer du sein : Collectivités locales et corps médical, acteurs clés de la prévention »
Si le Mammotest permet aux femmes de 50 à 69 ans de bénéficier d’un dépistage gratuit, les taux de participation locaux montrent que de trop nombreuses citoyennes échappent encore à ce dispositif protecteur. Détecté tôt, ce cancer se guérit dans la grande majorité des cas. Octobre Rose est l’opportunité d’unir la proximité des élu(e)s locaux(ales) et la confiance médicale des médecins généralistes afin de lever les freins organisationnels, territoriaux et socio-économiques.
Quand? Lundi 12 octobre 2026 de 14h à 16h
Où? Mons, Province de Hainaut – Hainaut Développement – Boulevard Initialis 22.
Programme :
– Mot de bienvenue de la Députée provinciale en charge de la Santé
– Le dépistage du cancer du sein, quelques données en Hainaut, Observatoire de la Santé du Hainaut
– Le dépistage organisé du cancer du sein, parlons-en !, Michel Candeur, Directeur du Centre de coordination et de Référence pour le dépistage des cancers
– Débat et échanges avec les participant(e)s
La participation est gratuite, mais l’inscription est requise avant le 8 octobre 2026 par mail à observatoire.sante@hainaut.be
26 Août 2026 | A la Une, La santé avec les professionnels, Rencontres - Communes, Rencontres - Pro, Respirer
Matinée d’échanges « Respirer »
L’école et son territoire : construire des environnements sans tabac
Mardi 8 décembre 2026 – Hornu
Comme chaque année, nous organisons un événement sur le thème du « Respirer ». Celui-ci aura lieu le mardi 8 décembre prochain de 9h à 12h30 sur le site du Grand-Hornu. Il sera suivi d’un lunch propice aux échanges. Cette matinée sera l’occasion de découvrir les conclusions du projet ADHAirE (UClouvain), de s’inspirer de projets d’écoles et de la commune de Comines-Warneton tout en partageant vos expériences. Dans l’attente de cette rencontre, nous vous proposons de consulter le résumé des précédentes journées d’échanges.
Programme de la matinée:
9h00 Accueil des participants
9h30 Mot de bienvenue – Madame Aurore Goossens – Députée de la Province de Hainaut
Présentation de la journée et déroulé – Noémie Anrys – OSH
9h45 Le projet ADHAirE : résultats et perspectives – Pierre Laloux – UCL
10h30 Présentation de projets d’écoles ayant participé au projet ADHAirE – École à déterminer
11h00 Pause-café
11h15 Présentation du projet de gestion du tabagisme de la commune de Comines-Warneton – Anne-Sophie Cneudt – PCS de Comines-Warneton
11h45 Projet de promotion d’environnements et de modes de vie sans tabac – Noémie Anrys – OSH
12h30 Lunch et réseautage
Lieu de l’événement : Grand Hornu, Rue Sainte-Louise 82, 7301 Boussu.
24 Oct 2025 | A la Une, Santé en Hainaut
Entre 2022 et 2024 l’Observatoire de la Santé du Hainaut (OSH) a mené une enquête sur la thématique du tabac, de l’alcool et des autres substances auprès des jeunes Hainuyers de 10 à 17 ans. Si l’alcool et le tabac sont en perte de vitesse, la cigarette électronique prend de plus en plus de place dans les habitudes des jeunes Hainuyers.

Depuis 1997, l’Observatoire de la Santé du Hainaut étudie la santé des jeunes Hainuyers en partenariat avec le réseau des Centres de Santé Scolaire Vigies (CSSV). Ce réseau se compose de services de Promotion de la Santé à l’Ecole (PSE) et de centres Psycho-Médico-Sociaux de la Fédération Wallonie-Bruxelles (PMS FW-B). De 2022 à 2024, la thématique principale a porté sur la consommation de tabac, d’alcool et d’autres substances chez les jeunes. Les résultats donnent un état des lieux objectif parfois rassurant, parfois préoccupant, mais toujours utile et montrent l’évolution des habitudes de consommation dans le temps.
Moins de tabac et d’alcool
L’enquête révèle une baisse de la consommation du tabac et de l’alcool chez les jeunes. La proportion de jeunes ayant déjà fumé du tabac, au moins une fois dans leur vie, est passée de 17,6 % en 2020 à 16 % en 2024. Lors de cette enquête, 2,7 % des jeunes Hainuyers déclarent être des fumeurs actuels : 0,9 % du groupe 11 ans, 2,9 % du groupe 13 ans et 5 % du groupe 16 ans (les trois groupes d’âge utilisés pour l’analyse comprennent les âges suivants : Groupe 11 ans= 10 ; 11 et 12 ans / Groupe 13 ans= 13 et 14 ans/ Groupe 16 ans= 15 ; 16 et 17 ans). Les jeunes fumeurs déclarent qu’ils consomment surtout le tabac pour se détendre. La consommation est influencée par des dynamiques complexes telles que la pression des pairs, la présence de fumeurs et de vapoteurs dans l’entourage familial du jeune.
De son côté, l’alcool reste la substance psychoactive la plus consommée par les jeunes. 38% des jeunes l’ont expérimenté, soit 13,7% des 11 ans, 40,4% des 13 ans et 57,9% des 16 ans. Globalement, l’expérimentation d’alcool reste stable au cours des années d’études avec une légère baisse entre 2020 et 2024 pour l’ensemble des groupes d’âge.
L’expérimentation de l’ivresse est en baisse pour le groupe 16 ans et reste stable chez les plus jeunes. L’alcool demeure associé à un environnement festif chez les jeunes. Ces derniers déclarent en boire principalement lors de « fêtes de famille » et la raison principale de consommation est « pour s’amuser ».
Augmentation de la cigarette électronique
Une attention particulière doit être portée à la cigarette électronique dont la consommation est en augmentation. 27 % des jeunes ont déjà fumé une cigarette électronique contre 16 % pour la cigarette traditionnelle. 63 % des jeunes vapoteurs du Hainaut n’ont jamais fumé de tabac avant d’utiliser pour la première fois une cigarette électronique. Dans tous les groupes d’âge, la proportion de jeunes ayant expérimenté une cigarette électronique et pas de cigarette traditionnelle, est de loin supérieure à celle des jeunes ayant expérimenté la cigarette traditionnelle et pas la cigarette électronique (respectivement 5 % contre 1 % pour le groupe 11 ans ; 16 % contre 3 % pour le groupe 13 ans et 18 % contre 4 % pour le groupe 16 ans).
Moins de chicha et de cannabis
En 2024, 11 % des jeunes du Hainaut affirmaient avoir déjà fumé ou essayé de fumer la chicha. Cette proportion est en baisse, puisqu’elle était de 20 % en 2020. En ce qui concerne le cannabis, après une augmentation entre 2010 et 2012, la proportion de jeunes en ayant consommé au moins une fois dans leur vie a diminué entre 2020 et 2024 (de 10 % à 7 %), particulièrement dans le groupe 16 ans.
Des inégalités sociales fort visibles
Les consommateurs de tabac et de cigarette électronique sont plus nombreux parmi les jeunes ayant un niveau socio-économique faible. Ces inégalités sont moins visibles en ce qui concerne la consommation d’alcool.
Agir sur le terrain
Le tabac et l’alcool représentent un lourd fardeau pour la santé, contribuant de manière significative à la mortalité prématurée, aux maladies chroniques et aux cancers. La sensibilisation concernant la consommation de ces produits par les jeunes est un enjeu prioritaire de santé publique.
Les lobbyistes du tabac et de l’alcool développent en permanence des stratégies pour attirer de nouveaux consommateurs et tout particulièrement les jeunes. Il est donc important de fournir des éléments objectifs qui pourront servir de référence pour définir les priorités d’actions et développer une approche globale de promotion de la santé.
Des interventions peuvent être menées en milieu scolaire en impliquant les jeunes. Il importe de développer leurs compétences psychosociales afin de les aider à accroître leur confiance en eux et leur capacité à prendre des décisions. Cette approche nécessite également de développer des environnements favorables à la santé par la promotion d’activités alternatives et de lieux de socialisation sains, par exemple, par la limitation d’accès aux substances pour les mineurs et par l’implication coordonnée de la communauté autour des enfants et des jeunes.
Retrouvez les résultats détaillés du « Regard sur la santé des jeunes – Santé en Hainaut – 17 dans la publication complète, ou dans sa synthèse.