Comme chaque année, le dépistage du cancer du sein revient sur le devant de la scène à l’occasion de la campagne Octobre rose. La lutte contre le cancer du sein est une priorité majeure de santé publique. Si le Mammotest permet aux femmes de 50 à 69 ans de bénéficier d’un dépistage gratuit, les taux de participation locaux montrent que de trop nombreuses citoyennes échappent encore à ce dispositif protecteur.

Le cancer du sein se guérit dans la grande majorité des cas, à condition d’être détecté tôt. En Hainaut, seules un peu plus de la moitié des femmes âgées de 50 à 69 ans (51,5 %) réalisent un dépistage du cancer du sein. Pourtant, en Belgique, un dépistage gratuit est proposé tous les deux ans aux femmes entre 50 et 69, conformément aux recommandations européennes.  Le Mammotest est une radiographie des seins (mammographie) pour laquelle les femmes reçoivent une lettre d’invitation qui équivaut à une prescription.

Un cancer qui augmente avec l’âge

En Hainaut, la taux standardisé d’incidence du cancer du sein chez la femme est de 193,4 cas par 100 000 personnes-années. Ce taux est très proche du taux wallon (192,8 cas/100 000) et légèrement supérieur au taux belge (188,4 cas/100 000).

Le taux standardisé d’incidence du cancer se mesure en nombre de nouveaux cas de cancer par 100 000 personnes-années. C’est un outil théorique qui permet de comparer des populations entre elles. En effet, le nombre de nouveaux cas de cancers dans une population donnée est très influencé par la structure d’âge de cette population et empêche toute comparaison pertinente entre deux populations. La standardisation, qui utilise une population de référence, permet la comparaison entre deux populations.

On constate une augmentation des cas de cancer avec l’âge avec un pic des nouveaux cas recensés vers 75 à 79 ans. Les premiers cas de cancers du sein sont recensés entre 25 et 29 ans. L’évolution par âge suit la même tendance, quel que soit le niveau géographique étudié.

Le cancer du sein concerne également les hommes, dans des proportions beaucoup plus faibles. En 2023 en Belgique, 11 636 nouveaux cas de cancers du sein ont été recensés, dont 103 chez des hommes.

Une mortalité qui diminue au fil du temps

Source : Sciensano – SPMA

Traitement : Observatoire de la santé du Hainaut

Le taux -ajusté pour l’âge- de mortalité par cancer du sein diminue au fil du temps. En Hainaut, il a diminué de 28,2 % en 20 ans (entre 2012 et 2022). (-26,1 % en Wallonie et -31,8% en Belgique). Cette diminution reflète les progrès des traitements, en particulier dans le cas de prises en charge précoces de la maladie.

Encore trop peu de dépistage

Proportion (%) de femmes (50-69 ans) ayant eu un dépistage du cancer du sein, Belgique- Wallonie-Hainaut, 2023


En Hainaut, un peu plus de la moitié des femmes âgées de 50 à 69 ans (51,5 %) réalisent un dépistage du cancer du sein. Le taux de couverture total du dépistage y est comparable à celui de la Wallonie (51,3 %) mais inférieur au taux national (59,2 %).

Une proportion bien plus importante réalise le dépistage par mammographie diagnostique plutôt que dans le cadre du dépistage organisé (Mammotest) (49,8 % contre 3,8 %).

La part des femmes de 50 à 69 ans qui réalisent un dépistage (que ce soit le Mammotest ou une mammographie diagnostique) qui était en diminution progressive depuis plusieurs années (- 7 % en Hainaut entre 2009 et 2019), a chuté en 2020 et 2021 en raison de la pandémie. Cette proportion remonte depuis 2022 mais n’a pas retrouvé le niveau d’avant crise.

https://hainautstat.be/#c=indicator&i=sa_mammo.sa_mammo_progr&s=2023

Des disparités entre les provinces

Pourcentage de femmes de 50-69 ans ayant eu un mammotest (avec ou sans mammographie diagnostique) dans l’année ou l’année précédente

Source : Agence Intermutualiste (AIM), traitement OSH

Examen par mammographie

Pourcentage de femmes de 50-69 ans ayant eu, au moins, une mammographie diagnostique et/ou un mammotest dans l’année ou l’année précédente

 

Source : Agence Intermutualiste (AIM), traitement OSH

L’analyse des mammographies diagnostiques et de la participation au dépistage organisé du cancer du sein en Wallonie entre 2020 et 2023 met en évidence des disparités provinciales importantes.

Le Brabant wallon présente les taux de couverture les plus élevés, passant de 55 % en 2020 à 59 % en 2023. À l’inverse, la province de Luxembourg affiche les taux les plus faibles de mammographies diagnostiques, avec une couverture relativement stable autour de 42 à 43 %. Toutefois, cette province se distingue par une participation plus importante au programme de dépistage organisé (Mammotest) que les autres provinces wallonnes, ce qui traduit un recours davantage orienté vers le dépistage structuré plutôt que vers les examens diagnostiques réalisés en dehors du programme organisé.

Les provinces de Namur, Liège et du Hainaut occupent une position intermédiaire, avec des taux de couverture globale compris entre 50 % et 52 % en 2023.

Recommandations en termes de dépistage

Le dépistage systématique du cancer du sein est recommandé entre 50 et 69 ans. C’est dans cette tranche d’âge que le dépistage est le plus efficace en termes de réduction de mortalité.

Entre 40 et 49 ans, l’incidence du cancer du sein commence à augmenter, mais l’efficacité du dépistage systématique est moindre et ses avantages et ses inconvénients doivent faire l’objet d’une discussion entre le médecin et la patiente. A partir de 70 ans, l’intérêt du dépistage va dépendre de l’état de santé général de la patiente et de son espérance de vie.

Retrouvez toutes les info pratiques sur le dépistage sur le site du Centre de Coordination et de Référence pour le dépistage des cancers (CCRef) :

https://www.ccref.org/particulier/sein.php

https://www.ccref.org/particulier/unites.php